Planète
Samedi 28 – 23h30
Turkmenistan : La folie Niazov
Au Turkménistan, depuis l'accession au pouvoir en 1992 de Saparmourat Niazov à la suite d'élections contestables, tout a changé. Le pays est livré à un véritable dictateur des temps modernes qui impose le culte de sa personnalité comme seule loi. La réalisatrice, Catherine Berthillier, s'est rendue sur place, à ses risques et périls pour tourner des images, le plus souvent en caméra cachée, témoignages terrifiants de la nature du nouveau régime turkmène. Déjà, bien avant l'effondrement de l'Union soviétique, Saparmourad Niazov était à la tête de l'état en tant que premier secrétaire du parti communiste de la république fédérée du Turkménistan. Depuis, le Turkmenbachi, le "père des Turkmènes", comme il se fait désormais appeler, est devenu président à vie. Depuis sa consécration, Niazov s'est peu à peu attribué toutes les casquettes : commandant suprême de l'armée, secrétaire général du seul parti autorisé, procureur… Comme pour ses homologues européens d'avant-guerre, Hitler, Staline, Mussolini, la mégalomanie de Niazov est particulièrement visible dans la capitale, Achgabat, où l'architecture opulente rivalise avec statues grandiloquentes à l'effigie du nouveau chef d'état.Dans le pays, règne un climat de peur permanente. Les emprisonnements arbitraires, les extorsions d'aveux forcés et les disparitions mystérieuses sont légion dans ce pays contrôlé par un seul et même homme. Chaque année, 20 % des détenus décèdent dans les prisons turkmènes, et les droits de l'homme y sont bafoués quotidiennement. Quant à l'éducation des enfants, elle se limite à un endoctrinement répétitif. Sans limite, le tyran a également veillé à faire interdire toute forme de culture : les ballets et les opéras sont bannis et les bibliothèques fermées. Récemment, il a même décidé de fermer les hôpitaux en dehors de la capitale ! Lorsque Catherine Berthillier a décidé d'aller passer cinq jours sur place pour rendre compte de la réalité quotidienne de cette dictature méconnue, elle savait qu'elle prenait de grands risques. De son travail périlleux, résulte un film rare et terrifiant, seules images qui aient jamais réussi à quitter le territoire turkmène en échappant au contrôle permanent des médias. Mais depuis son retour en France, la réalisatrice est confrontée aux conséquences tragiques de son investigation. Son chauffeur, à l'image dans le documentaire, a été incarcéré et torturé, ses enfants inquiétés et interdits d'écoles. Plus grave encore, la journaliste turkmène qui est intervenue dans la préparation de cette enquête édifiante vient de décéder - "officiellement" pour raison de santé - dans la prison où elle était retenue.






