
Premier jour de présidence européenne et premières difficultés
Le président Polonais Lech Kaczynski a attendu ce mardi, premier jour de la présidence française, pour annoncer qu'il ne ratifierait pas le traité européen de Lisbonne ! Un camouflet pour Nicolas Sarkozy, qui n’avait pourtant pas ménagé sa peine pour mettre la Pologne dans le sens de la marche, en se rendant à Varsovie en mai pour appeler la Pologne «à prendre toute sa place en Europe» indiquait-on à l’Elysée.
Après le non Irlandais et la rebuffade polonaise, la présidence française va devoir s’employer pour circonscrire le feu, d’autant que le dernier voyage en République Tchèque de Nicolas Sarkozy n’a que modérément rassuré les Français : l’euroscepticisme assumé du président Klaus, qui « alité » ne l’avait d’ailleurs pas reçu, n’est à cet égard pas très engageant.
Le président français a d’ailleurs dès hier fixé la fenêtre de tir d’une improbable solution au non Irlandais : "On n'a pas trop de temps. Quelle est la limite? Juin 2009, parce qu'il y a des élections européennes" a-t-il expliqué.
Peter Mendelson boude la présidence française
Dernier couac en date, le Commissaire européen au Commerce Peter Mendelson a prétexté une réunion avec les ministres du commerce de l’UE à Marseille pour " sécher" le dîner à Paris pour le lancement de la présidence française de l'UE. Une absence très remarquée après les critiques du chef de l'Etat français dont il avait fait les frais.
Selon un diplomate européen, " Mandelson n'est pas triste d'être obligé d'aller à Marseille, car il a été un peu choqué par les remarques de Nicolas Sarkozy", à Bruxelles la semaine dernière. Le Président français y avait accusé M. Mandelson d'avoir joué un rôle dans le rejet du traité de Lisbonne en Irlande lors du référendum. Il lui avait reproché d'avoir alimenté les craintes de pertes de subventions agricoles européennes parmi les fermiers irlandais, par sa position dans les négociations à l’OMC. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs lui-même pris le risque de créer de nouveaux remous en lançant lundi soir une nouvelle charge contre la Banque Centrale européenne, à quelques jours d'une hausse attendue des taux d'intérêt dans l'espoir de freiner l'accélération de l'inflation. Selon lui, la BCE "devrait se poser la question de la croissance économique et pas simplement de l'inflation".
Nul doute que cette sortie ravira Jean-Claude Trichet, dont les passes d’armes verbales avec la France ne manquent pas.
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