
Le nouveau départ de la LCR
Alain Krivine était radieux, samedi 28 juin, dans les couloirs de la première grande réunion chargée de porter le futur Nouveau parti anti-capitaliste (NPA) sur les fonds baptismaux. Pour le fondateur de la LCR, c’est le rêve d’une vie qui prenait forme. Cela fait plus de dix ans qu’il envisageait de changer le nom de la désuète Ligue communiste révolutionnaire. Et qu’il n’y parvenait pas. Grâce à l’attractivité du produit marketing Besancenot, il touche au but. Mieux que ça, la LCR réussit à agréger du sang neuf, issu notamment du monde étudiant et de la mouvance altermondialiste, qui permet de remédier quelque peu à la consanguinité de la formation trotskiste. L’entourage d’Olivier Besancenot se plaisait surtout à souligner qu’il y avait même d’"anciens socialistes déçus de Solférino" qui rejoignaient le NPA, des recrues brandies comme autant de trophées pris à l’ennemi "social-traître", signe que Besancenot souhaite bel et bien le naufrage du PS pour mieux prospérer. Sa démarche ne fait toutefois pas l’unanimité à la LCR, certains esprits chagrins déplorant que le parti sache ce qu’il n’est pas, en se proclamant "anti-capitaliste", sans savoir clairement ce qu’il est, puisqu’il récuse désormais, dans son étiquette, le terme de "révolutionnaire".
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