Mon compte
08/07/2008
PS

Montebourg ne remporte pas la présidence du groupe PS à l'Assemblée

Arnaud Montebourg affrontait ce mardi le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, pour tenter de prendre les rênes du principal groupe d'opposition à l'Assemblée lors du renouvellement de ses instances qui ne devait être au départ qu'une formalité.

C'était à la surprise générale que le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg avait annoncé jeudi qu'il briguait le poste occupé depuis 11 ans par M. Ayrault.
Dans une lettre à chacun de ses collègues, M. Montebourg, premier vice-président du groupe chargé de la prospective depuis juin 2007, s'était posé en candidat du "changement de méthode et d'intensité" face "à l'intensification des attaques et la mise en marche de stratégies cyniques du sarkozysme".
Il avait également "rendu à Jean-Marc Ayrault l'hommage que nous lui devons" avant d'en appeler à une opposition "forte et convaincante", sortant du "conformisme".

Ayrault pris de court

Visiblement pris de court, ni M. Ayrault -qui s'était engagé à remettre son mandat en jeu tous les ans- ni son entourage n'ont souhaité s'exprimer avant le vote. La plupart des députés PS interrogés par l'AFP voient dans la candidature Montebourg une offensive des "reconstructeurs" (proches de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et de M. Montebourg) en vue du congrès.
"Les grandes leçons de rénovation, ça suffit ! C'est une opération de congrès... C'est désagréable alors que le groupe en était relativement préservé", déplore une députée pourtant pas connue comme étant proche du député-maire de Nantes.

Selon un parlementaire du sud-ouest, "on a d'autres chats à fouetter, ce n'est pas la peine de rajouter des difficultés au climat de tension actuel". "Je préfère m'occuper de la politique du gouvernement plutôt que des péripéties des carrières personnelles", a-t-il lâché.
Dans sa profession de foi, dont l'AFP a obtenu copie lundi soir, M. Montebourg affirme au contraire que le choix d'un nouveau président de groupe "ne peut pas être rattaché aux enjeux de congrès".
Mais pour un député proche du président sortant, "c'est une véritable trahison. Ce n'est pas correct de poignarder Ayrault de la sorte, sans l'avoir prévenu.".
A l'inverse, un élu fabiusien estimait que "Montebourg a une vraie chance". "Ce serait un symbole. Son élection donnerait l'impression d'un vrai changement, ça peut donner un coup d'accélérateur", ajoute cette source en soulignant que "la très grande majorité des amis de Laurent Fabius vont voter pour Arnaud Montebourg" mais "pas seulement eux".
Pourtant, selon un proche de DSK, il n'est pas question de faire ce "cadeau" à ce quadra du PS qui ne cache pas ses ambitions. "Pourquoi l'aider à prendre de l'ampleur pour les années à venir ?", a-t-il lancé en souriant

Manifestement, ses soutiens n'auront pas été suffisants pour le jeune loup socialiste...

Avec AFP

0 commentaire(s)  
0