
Services publics : l’État doit dédommager les communes
En dépit des efforts de communication du gouvernement, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) est majoritairement perçue comme ayant pour objectif de réaliser des économies budgétaires (80 %). Moins d’une personne interrogée sur cinq (19 %) y voit une finalité d’amélioration de l’offre de services publics. Au-delà de ce constat sur la RGPP, les Français demeurent attachés à la pérennité des services publics de proximité, quand bien même on les confronte concrètement au coût que ces derniers occasionnent. Ainsi, 53 % des personnes interrogées jugent nécessaire de garder ces services publics sur l’ensemble du territoire, quitte à augmenter les impôts. Néanmoins, une fraction non négligeable de l’opinion (44 %) se dit prête à accepter la fermeture de certains services, au regard de l’ampleur du déficit de l’État. Cet arbitrage, entre économies budgétaires et maintien des services publics de proximité, divise l’opinion.

Les tenants d’une conservation des services publics, quel qu’en soit le coût, se retrouvent principalement chez les femmes (60 % contre 47 % des hommes) et les catégories générationnelles intermédiaires (35-49 ans : 60 %, alors que, parmi les moins de 35 ans, on en compte 48 %). Surtout, cette question révèle une fracture béante selon la sympathie partisane : deux tiers des proches de la gauche se disent attachés au maintien de l’offre de services publics quand 58 % des sympathisants de droite (65 % à l’UMP) placent le curseur sur la nécessité d’économies budgétaires, quitte à voir fermer des services publics. Enfin, au-delà de cette césure, l’opinion apparaît moins morcelée quant à la réaction attendue des pouvoirs publics lorsque ceux-ci sont amenés à fermer un service public. 62 % des personnes interrogées approuvent le principe d’un dédommagement de la commune concernée par une telle fermeture.
Frédéric Dabi
Directeur du département d’Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop
Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées du 3 au 4 juillet 2008.
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