
L'amnistie fiscale prônée par Accoyer fait scandale
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, propose dans un entretien accordé au quotidien Les Echos de lancer "un grand emprunt d'État" et "une amnistie fiscale" pour sortir de la crise bancaire et financière. "Pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'Etat, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie ?" propose Bernard Accoyer. "Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'Etat ?" ajoute-t-il. "C'est une idée personnelle mais je me suis aperçu qu'elle pouvait être partagée", ajoute-t-il. "Nous ne devons nous interdire aucune voie de réflexion afin que la France puisse sortir de cette crise et rebondir le mieux possible. S'agissant de l'amnistie, je pense à nos compatriotes, pas aux dirigeants qui ont pu être défaillants", explique-t-il.
Malgré toutes les précautions de langage, Bernard Accoyer a provoqué une cascade de réactions ulcérées, à gauche, et gênées au sein de la majorité et du gouvernement. L'amnistie fiscale "n'est pas vraiment d'actualité et elle n'est pas forcément liée à ce sujet de la crise financière internationale", a déclaré Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, sur France 2, renvoyant ce sujet au débat sur la loi de finances.
Sur RTL, Le Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch a exprimé son désaccord. "Mon point de vue, c'est pas d'aider ceux qui ont quitté le navire en s'en mettant dans les poches", a-t-il ajouté. "Mon point de vue, c'est d'aider ceux qui sont dans la cales en ayant des difficultés".
"Cette proposition est totalement inadaptée", a jugé le député Charles de Courson (Nouveau Centre), secrétaire de la commission des finances de l'Assemblée. "Nous sommes dans un monde difficile, où il faut montrer au peuple français que dans les instants difficiles, il faut une vraie solidarité entre tous", a-t-il ajouté. "Dans ces conditions, proposer en contrepartie du rapatriement de fonds, une amnistie à ceux qui ont fraudé, est choquant", a-t-il estimé, se disant "très étonné".
Les Verts, par la voix de leur porte-parole Anne Souyris, se sont déclarés vendredi "outrés", jugeant "indécent" de "favoriser" les "riches hors-la-loi". De son coté, le PCF condamne, la "provocation" du président UMP de l'Assemblée nationale. Pour le député socialiste, Philippe Martin, proche de Laurent Fabius, membre de la Commission des finances, cette proposition qualifiée de "ballon d'essai" ne pourra être perçue "qu'extrêmement négativement par ces Français qui souffrent et qui eux payent régulièrement leurs impôts en France". Avec AFP
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