
Le chiraquisme prend forme
Voici un concept flou, resté longtemps indéfinissable : le chiraquisme. Incroyable paradoxe, la période 1995-2007, qui aurait dû marquer son apogée avec les deux mandats présidentiels, restera peut-être comme une parenthèse pour cette notion, tant la séquence élyséenne l’a rendue très confuse. D’où l’importance que prend, désormais, la prise de parole de Jacques Chirac. "Le temps nous est compté", disait-il le 9 juin, en inaugurant sa Fondation dans un lieu symbolique, le musée du Quai Branly à Paris. Il s’agit pour l’ancien chef de l’État de laisser une trace de son action. Qu’il fût un homme de conquêtes électorales est une évidence, qui garantit une place dans le Panthéon politique, pas dans le Panthéon national. L’heure maintenant est de prendre de la hauteur avec quelques idées fortes : le dialogue des cultures, l’environnement, autrement dit, les nouveaux rapports Nord/Sud – vrai défi du siècle nouveau. Au moment où certains de ses amis rêvent pour lui d’un prix Nobel, Jacques Chirac, le travailliste, l’anti-européen, le droitier, le libéral, le social-radical, le tiers-mondiste, le pacificateur, travaille pour sa postérité. Et sa cohérence.
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