Mon compte
13/07/2008
UPM

Sarkozy lance solennellement à Paris son "Union pour la Méditerranée"

Le président Nicolas Sarkozy a lancé avec faste dimanche à Paris l'Union pour la Méditerranée (UPM) en présence de plus de 40 chefs d'Etat ou de gouvernement, un projet fondé sur des partenariats concrets et un équilibre Nord-Sud, mais dont l'avenir reste incertain.

Deux dirigeants, assis autour d'une même table pour la première fois, sont particulièrement guettés: le président syrien Bachar al-Assad, qui effectue à cette occasion son grand retour sur la scène diplomatique, et le Premier ministre israélien Ehud Olmert, affaibli quant à lui par des accusations d'escroquerie dans son pays.
La séance plénière marquant la naissance de l'UPM doit durer trois heures dans l'après-midi au Grand Palais, un bâtiment prestigieux construit au bord de la Seine pour l'exposition universelle de 1900.
La rencontre sera coprésidée par M. Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak.
L'UPM regroupera 43 pays, représentant quelque 750 millions d'habitants, du continent européen et de la rive sud de la Méditerranée.
"Un rêve est en passe de se réaliser", a assuré à quelques heures de l'ouverture du sommet le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner.
Pour M. Sarkozy, qui a dû batailler ferme pour que son projet se concrétise, l'UPM doit permettre de gagner le combat contre le "terrorisme, l'intégrisme, le fondamentalisme".
Signe de la complexité de l'exercice, aucune "photo de famille", traditionnelle à la fin de ce genre de rencontre solennelle, n'est prévue dimanche. Mais, pour la France, le fait de réunir autour d'une même table certains rivaux de longue date constitue en soi une "victoire".
MM. Assad et Olmert seront opportunément séparés par l'ordre alphabétique autour de la grande table du sommet: Israël entre l'Irlande et l'Italie, et la Syrie à côté de la Turquie.
Deux défections de taille ont été enregistrées: le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a jugé le projet "effrayant" et boycotte la rencontre, et le roi du Maroc Mohammed VI, qui a dépêché au dernier moment son frère, le prince Moulay Rachid, pour cause d'agenda "surchargé".
Le sommet adoptera une déclaration d'une dizaine de pages, dont certains passages sur le processus de paix au Proche-Orient faisaient l'objet d'ultimes tractations dimanche matin entre ministres des Affaires étrangères.
C'est précisément à cause de ce type de divergences que le "processus de Barcelone", lancé en 1995 entre les Européens et le sud de la Méditerranée, s'est enlisé.
Les pays de l'UE, Allemagne en tête, ont néanmoins refusé de faire table rase de ce processus et ont insisté pour que l'UPM s'inscrive dans sa continuité.
Les initiateurs de l'UPM espèrent garantir son succès en se concentrant dès sa création sur des grands projets concrets: dépollution de la Méditerranée, énergie solaire, sécurité civile ou développement des "autoroutes de la mer".
Ils insistent aussi sur la volonté d'une parité Nord-Sud, symbolisée par deux coprésidents issus de chacune des deux rives. Le secrétariat général devrait en outre revenir à une ville du sud. Mais la question est à l'origine de vives rivalités, notamment entre Rabat et Tunis, et sera remise à plus tard.
Le financement des projets restera lui aussi à définir une fois passée la grand-messe de lancement.
Dès la veille du sommet, M. Sarkozy a pu en tout cas se targuer d'un succès diplomatique: le président syrien et son homologue libanais Michel Sleimane, tous deux reçus à l'Elysée, ont annoncé en sa présence leur accord pour l'ouverture de relations diplomatiques.
Mettant fin à l'isolement international de Bachar al-Assad, le président français a annoncé en retour qu'il se rendrait à Damas en septembre.

Pour aller plus loin, lire l'interview donnée à Profession Politique par Henri Guaino sur l'UPM

0 commentaire(s)  
0