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François Fillon - AFP
15/07/2008
Institutions

Fillon remonte en scène malgré une sciatique persistante

Terrassé par une sciatique qui va en s'aggravant depuis trois semaines, absent d'un week-end politique exceptionnel, François Fillon remonte en scène mardi pour défendre la réforme des institutions.

Le Premier ministre, au repos complet à Matignon depuis vendredi 11 juillet, devait introduire la seconde et ultime lecture du projet de loi au Sénat.

Il avait déjà défendu les précédents passages du texte au Parlement -deux à l'Assemblée, un au Sénat-, rompant avec la tradition qui charge les Gardes des Sceaux de présenter les réformes de la Constitution.

Depuis des mois, il a été maître d'oeuvre de la recherche d'un consensus, menant les tractations avec les partis de gauche, et travaillant à concilier les points de vue au sein de sa majorité.

Ces dernières semaines, François Fillon a aussi rencontré individuellement plusieurs parlementaires, notamment des sénateurs du groupe RDSE (radicaux de droite et de gauche), dans l'espoir d'assurer au gouvernement quelques voix supplémentaires au Congrès du Parlement du 21 juillet.

Son discours au Sénat est son unique engagement ce mardi, jour habituellement marqué à Matignon par deux rendez-vous hebdomadaires, le petit déjeuner de la majorité et la réunion de ministres sur l'Europe.

Le mal de dos a frappé le Premier ministre au beau milieu d'une série de défis dont il s'était fait une priorité, de la loi sur la modernisation de l'économie à la réforme du marché du travail, en passant par la très indécise réforme des institutions.

Il survient aussi alors que tous les indicateurs économiques se dégradent sous l'effet du ralentissement mondial et de la hausse des matières premières, plaçant la construction du budget 2009 sous pression.

M. Fillon n'est pas le premier hôte de Matignon frappé par des ennuis de santé dans l'exercice d'une fonction jugée épuisante.

Avant lui, Raymond Barre avait souffert d'hypertension en 1979, au moment du second choc pétrolier. Michel Rocard avait eu des coliques néphrétiques en 1988, en pleine négociation de la paix en Nouvelle-Calédonie. Jean-Pierre Raffarin avait dû être opéré de la vésicule biliaire en 2005, quelques jours avant le référendum perdu sur le traité constitutionnel européen.

A la différence de ces prédécesseurs, souligne un proche, François Fillon n'a pas été hospitalisé.

Il n'en a pas moins été absent de la scène aux célébrations exceptionnelles de la fête nationale, point culminant d'une vague de succès enregistrés par le président Nicolas Sarkozy, depuis la libération d'Ingrid Betancourt jusqu'au lancement de l'Union pour la Méditerranée et à la présence d'une quarantaine de chefs d'Etat au défilé du 14 juillet.

Sur le front de la réforme des institutions, c'est encore vers l'Elysée que se tournent les regards dans la dernière ligne droite.

Comme M. Fillon l'avait fait la semaine dernière à Matignon, M. Sarkozy a reçu mardi les parlementaires de la majorité. Il a insisté, a rapporté l'un d'eux, pour que "chacun prenne ses responsabilités".

Du côté des socialistes, Jack Lang a appelé le chef de l'Etat à prendre l'initiative de nouvelles concessions, tandis qu'à l'inverse, Bruno Le Roux dénonçait par avance des "manoeuvres" de l'Elysée.

Nul doute qu'un éventuel échec de la réforme serait toutefois imputé non seulement au président, mais aussi à la ministre de la Justice Rachida Dati et, bien sûr, à M. Fillon.

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