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Nicolas Sarkozy - AFP
16/06/2008
Référendum irlandais

Nicolas Sarkozy à Prague pour désamorcer la crise

Le non cinglant de l'Irlande bouleverse l'agenda de la future présidence Française de l'UE. Première conséquence, la visite à Prague de Nicolas Sarkozy prend des allures de réunion de crise.

En se rendant aujourd’hui en République Tchèque, Nicolas Sarkozy veut empêcher toute propagation de « l’incendie » Irlandais. Le président français, qui assurera la présidence de l'UE dans quinze jours, va à Prague pour tenter d'atténuer l'impact dans ce pays plutôt eurosceptique du non de l'Irlande au traité de Lisbonne, mais aussi pour convaincre que l'Europe peut surmonter cette nouvelle crise.

Initialement conçue comme une simple étape de présentation des priorités de son mandat, cette visite a pris depuis l'annonce de la victoire du non irlandais des allures de réunion de crise, trois jours avant un sommet européen à Bruxelles.
La France et la République tchèque doivent en effet prendre successivement, du 1er juillet 2008 au 30 juin 2009, les rênes de l'UE, et auront donc à gérer les retombées politiques et institutionnelles du refus irlandais.

La France veut un "accord politique" et maintenir son agenda

Dès dimanche, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet indiquait que la France comptait sur un "accord politique" au conseil européen de jeudi et vendredi pour maintenir l'agenda de sa présidence de l'UE et donner à la présidence française "tous les moyens de mettre en oeuvre des politiques indispensables à l'Europe".
Le président français avait appelé dès samedi à "continuer le processus de ratification" du traité européen de Lisbonne "de façon à ce que l'incident irlandais ne devienne pas une crise".

Un point de vue que ne partage pas le président tchèque Vaclav Klaus, qui fut l'un des chefs d'Etat les plus réticents au projet de traité dit "simplifié" de Lisbonne. Ce dernier a considéré comme "fini" le processus de ratification du texte, par ailleurs toujours en cours en République tchèque.
"Le projet de traité de Lisbonne a pris fin aujourd'hui avec la décision des électeurs irlandais", a-t-il dit, évoquant une "victoire de la liberté et de la raison sur les projets élitistes artificiels et la bureaucratie européenne".
Nicolas Sarkozy n'aura pas l'occasion lundi de rencontrer Vaclav Klaus, convalescent, mais il s'efforcera de convaincre la République tchèque de poursuivre la ratification.

Son secrétaire d'Etat aux affaires européennes Jean-Pierre Jouyet avait plaidé dès samedi pour que parallèlement à la poursuite du processus de ratification, soit menée une réflexion et une "médiation" avec l'Irlande sur une éventuelle "adaptation" du traité de Lisbonne pour ce pays, afin qu'il puisse être à nouveau présenté au vote. Le secrétaire d'Etat français estime qu'il n'y avait "pas d'autre solution" pour sauver le traité européen de Lisbonne qu'un nouveau vote des Irlandais, mais que celui-ci pourrait avoir lieu après une "adaptation" du texte pour ce pays.
Un scénario qui a déjà fait ses preuves une première fois...

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