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Nicolas Sarkozy - AFP
16/07/2008
Institutions

L’heure de compter les voix

Fin de parcours pour une réforme des institutions que le président de la République aura portée à bout de bras jusqu’au Congrès de Versailles.

L’optimisme existe, mais à mots couverts. La stratégie, et le très intensif travail de sape de l’exécutif, a porté ses fruits. Entre les députés et les sénateurs UMP, les compromis avaient été trouvés : ces derniers avaient eu gain de cause sur le mode de scrutin de la Haute Assemblée ; sur les nouvelles adhésions à l’Union européenne – référendum obligatoire, sauf demande expresse du Parlement à la majorité des 3/5e – ; sur les langues régionales, renvoyées à l’article 75 de la Constitution ; et sur la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Ils avaient dû céder sur la limitation du 49-3, sur le droit de grâce présidentiel et sur la composition du Conseil constitutionnel.
Résultat, quelques défections seulement à prévoir à l’UMP : une dizaine à l’Assemblée, et deux au Sénat. Sans oublier les cinq villiéristes (le MPF compte trois sénateurs et deux députés). Si le vote du groupe Nouveau Centre est assuré, au Sénat, le soutien du président du groupe UC-UDF, Michel Mercier, peut ne pas être suivi par les trente membres du groupe. Au PRG, même cas de figure : pas sûr que tous les radicaux de gauche suivent leur président, Jean-Michel Baylet. L’inconnue de l’équation appartient encore un peu au PS. Nicolas Sarkozy a annoncé les propositions qu’il gardait dans sa manche, juste avant le vote au Congrès : sur le temps de parole du chef de l’État, les droits de l’opposition et des groupes parlementaires à l’Assemblée (temps de parole, droit d’amendement, commissions d’enquête), dont le seuil de constitution serait abaissé. De quoi convaincre les petits partis, mais aussi "retourner" un certain nombre de socialistes… Ce qui assurerait un succès étriqué de la réforme.

 

Les radicaux dragués

Les sept sénateurs et onze députés du PRG ont fait l’objet d’une attention particulière de l’exécutif, qui n’a pas ménagé ses efforts pour les faire basculer. "J’ai été approchée", confirme Christiane Taubira, qui ne modifiera pas pour autant son vote contre. Jean-Michel Baylet, le président des Radicaux de gauche, a apporté officiellement son soutien à la réforme, mais ils sont encore nombreux à attendre le vote, et quelques-uns à s’être prononcé contre, comme la députée des Hautes-Pyrénées, Chantal Robin-Rodrigo.

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