
Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche
Un entretien avec son ami de 26 ans, le journaliste Claude Askolovitch, pour mieux se faire connaître. Montrer qui se cache derrière le franc-tireur du PS, qui "veut tout détruire" dans son parti, jusqu’au mot "socialiste", puisqu’en continuant à l’invoquer, ce "mot-prison", ses camarades profanent l’espoir qu’il a suscité chez leurs ancêtres. Le monde a changé depuis Jaurès et Blum. "Nous n’avons plus de terre promise idéologique, acceptons-le", écrit Valls.
Il est l’enfant terrible de sa famille, la gauche. Mais qui est-elle cette famille ? Elle ressemble évidemment à la sienne : un père réfugié politique catalan, artiste-peintre et libre penseur. Une mère suisse italienne, institutrice, venue d’un village où l’on pouvait nommer les enfants Lucifer. Une méfiance atavique du gauchisme, une jeunesse "farouchement" anticommuniste, anti-totalitariste, passionnée par Koestler, Orwell, Soljenitsyne et François Furet. Manuel Valls a 20 ans, et ses amis s’appellent Stéphane Fouks (actuel dirigeant d’Havas-Euro-RSCG) et Alain Bauer (ancien Grand Maître du Grand-Orient, expert sur les questions de sécurité, aujourd’hui sarkozyste).
Un pedigree qui aide le député-maire d’Evry à réinventer cette gauche "à partir du monde réel". Ce qui implique d’être pour le nucléaire, les OGM, la retraite à 42 ans, la sélection et le privé à l’université, etc. Comme Blair, commencer par le parti. Valls raconte un PS bâillant entre deux élections locales. Après la présidentielle ? "Une lassitude visible, palpable, poisseuse, déprimante." On a retenu le mot qu’il a employé au sujet de Ségolène Royal : "Un one-shot." Cette dernière y a vu le ton du "mâle espagnol". Valls, dans cet ouvrage, élimine pourtant tous les présidentiables du PS. Car le salut viendra de sa génération nouvelle : "Montebourg, Peillon, Hamon, Moscovici, Dray, Filipetti… ou moi", écrit-il.
Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche
Manuel Valls (Robert Laffont), 197 pages, 19 euros
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