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18/06/2008
Manuel Valls

Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche

La député-maire d'Evry sacrifie à la mode pré-congrès au PS en publiant un livre-manifeste.

Un entretien avec son ami de 26 ans, le journaliste Claude Askolovitch, pour mieux se faire connaître. Montrer qui se cache derrière le franc-tireur du PS, qui "veut tout détruire" dans son parti, jusqu’au mot "socialiste", puisqu’en continuant à l’invoquer, ce "mot-prison", ses camarades profanent l’espoir qu’il a suscité chez leurs ancêtres. Le monde a changé depuis Jaurès et Blum. "Nous n’avons plus de terre promise idéologique, acceptons-le", écrit Valls.
Il est l’enfant terrible de sa famille, la gauche. Mais qui est-elle cette famille ? Elle ressemble évidemment à la sienne : un père réfugié politique catalan, artiste-peintre et libre penseur. Une mère suisse italienne, institutrice, venue d’un village où l’on pouvait nommer les enfants Lucifer. Une méfiance atavique du gauchisme, une jeunesse "farouchement" anticommuniste, anti-totalitariste, passionnée par Koestler, Orwell, Soljenitsyne et François Furet. Manuel Valls a 20 ans, et ses amis s’appellent Stéphane Fouks (actuel dirigeant d’Havas-Euro-RSCG) et Alain Bauer (ancien Grand Maître du Grand-Orient, expert sur les questions de sécurité, aujourd’hui sarkozyste).
Un pedigree qui aide le député-maire d’Evry à réinventer cette gauche "à partir du monde réel". Ce qui implique d’être pour le nucléaire, les OGM, la retraite à 42 ans, la sélection et le privé à l’université, etc. Comme Blair, commencer par le parti. Valls raconte un PS bâillant entre deux élections locales. Après la présidentielle ? "Une lassitude visible, palpable, poisseuse, déprimante." On a retenu le mot qu’il a employé au sujet de Ségolène Royal : "Un one-shot." Cette dernière y a vu le ton du "mâle espagnol". Valls, dans cet ouvrage, élimine pourtant tous les présidentiables du PS. Car le salut viendra de sa génération nouvelle : "Montebourg, Peillon, Hamon, Moscovici, Dray, Filipetti… ou moi", écrit-il.
Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche
Manuel Valls (Robert Laffont), 197 pages, 19 euros

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