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19/09/2008
Sondage exclusif Ifop-Profession Politique

Sondage : Les candidats au plateau réagissent

Les Français estiment que le Sénat joue un rôle important (61 %) dans la vie politique. A peine un quart des personnes interrogées le trouve moderne et se sentent concernées par les élections sénatoriales du 21 septembre. Découvrez les réactions des principaux candidats à la présidence du Sénat au sondage Ifop-Profession Politique.
Jean-Pierre Bel : “Un grave problème de légitimité”
Gérard Larcher : “Plus les Français connaîtront le Sénat, plus ils l’apprécieront”
Jean-Pierre Raffarin : “Plus le Sénat sera moderne, plus il sera reconnu”
Philippe Marini : “Nos travaux manquent de visibilité”

À deux semaines des élections sénatoriales, l’Ifop pour le compte de Profession Politique a interrogé les Français sur l’image du Sénat. La lecture des résultats révèle une opinion assez ambivalente à l’égard du Palais du Luxembourg. En premier lieu, la légitimité du Sénat comme institution pilier de la Ve République ne souffre pas la moindre contestation. Une nette majorité de personnes interrogées (61 %) considère que le Sénat joue un rôle important dans la vie politique française, une perception qui s’est d’ailleurs enracinée dans l’opinion.

Lors d’une enquête réalisée en 19991, seuls 48 % des Français jugeaient positif le rôle du Sénat. En outre, on observe que cette perception est partagée quelle que soit la génération, la catégorie professionnelle et la sensibilité partisane des interviewés (sympathisants de gauche : 64 %, sympathisants de droite : 62 %).
Cette légitimité accordée au Sénat comme acteur de notre vie politique repose essentiellement sur deux représentations : d’une part, son utilité à l’élaboration des lois, partagée par 67 % des interviewés ; d’autre part son rôle dans l’équilibre des pouvoirs, positivement reconnu par 61 % des personnes interrogées, un rôle de contre-pouvoir récemment mis en valeur lors de la réforme des institutions. Relevons cependant sur ce dernier point un clivage gauche-droite peu surprenant : 72 % des proches de l’UMP estiment le Sénat utile à l’équilibre des pouvoirs contre 55 % des sympathisants socialistes, ceux-ci ayant sans doute en mémoire la domination sans partage de la droite dans la Haute Assemblée depuis le début de la Ve République.

Toutefois, au-delà de ces jugements laudateurs, les Français font part d’une évaluation beaucoup plus sévère s’agissant de la composition du Sénat comme de son ancrage dans la société contemporaine. Ainsi, à peine un quart des personnes interrogées considère le Sénat comme une institution moderne, tandis que 28 % pensent qu’il est représentatif de la population. Ces perceptions s’avèrent minoritaires dans toutes les catégories sociodémographiques et politiques (avec cependant des jugements un peu moins défavorables chez les personnes âgées de plus de 65 ans et les sympathisants de droite). En outre, elles n’évoluent guère dans le temps, en dépit des efforts de féminisation et de rajeunissement du Sénat ainsi que des actions visant à moderniser l’institution (par exemple son avance prise dans le numérique) : dans une enquête réalisée en 19992, 28 % des personnes interrogées considéraient le Sénat comme représentatif de la population et 21% comme moderne.

On peut voir dans ces résultats et l’absence d’inflexion significative de l’opinion une critique implicite du mode de scrutin indirect de la Haute Assemblée. À cet égard, malgré la proximité dans le temps de l’échéance électorale du 21 septembre, près des trois quarts des Français (74 %) ne se disent pas concernés par ce scrutin.

 

 

 

 

Frédéric Dabi
Directeur du département d’Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop.

 

1 Sondage Ifop/VSD réalisé le 1er avril 1999 auprès d’un échantillon de 936 personnes âgées de plus de 18 ans (méthode des quotas).
2 Sondage CSA/Le Parisien auprès d’un échantillon représentatif de la population française publié le 10 mars 1999.


Ce sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 1 006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées du 4 au 5 septembre 2008.

 

 

Candidats à la présidence du Sénat, ils réagissent à notre sondage.

Gérard Larcher : “Plus les Français connaîtront le Sénat, plus ils l’apprécieront”

Jean-Pierre Raffarin : “Plus le Sénat sera moderne, plus il sera reconnu”

Philippe Marini : “Nos travaux manquent de visibilité”

Jean-Pierre Bel : “Un grave problème de légitimité”

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