Mon compte
22/07/2008
Jean-Dominique Giuliani

Un Européen très pressé

S’il y a une "rupture", depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, c’est bien sur la nouvelle stratégie pour l’UE d’une France qui était muette depuis son rejet de la Constitution.

"Il faudra que je me méfie, il serait capable de me vendre ma propre cravate", aurait dit un chef d’État européen. Nicolas Sarkozy va faire en Europe ce qui lui a réussi en France : de la politique, qu’il définit comme "l’art de résoudre les problèmes complexes". Avec l’Europe, il sera servi. S’il y a une "rupture", depuis son arrivée au pouvoir, c’est bien sur la nouvelle stratégie pour l’UE d’une France qui était muette depuis son rejet de la Constitution. Cette stratégie, minutieusement préparée avant même sa prise de fonction, est analysée dans cet ouvrage rédigé par le président de la Fondation Robert Schuman, think-tank français dévoué à la cause européenne. Le candidat Sarkozy, entouré de spécialistes comme Alain Lamassoure, avait arrêté son diagnostic, et c’est lui qui a proposé des solutions durant la campagne présidentielle. "Ce soir, la France va être de retour en Europe", a-t-il affirmé le soir de son élection. Une de ses phrases qui sonne comme un slogan mais qui n’en est pas un, tant son implication est importante. "Une question de génération", explique Jean-Dominique Giuliani. Cette implication n’est-elle pas d’autant plus impressionnante que celle de Jacques Chirac était inexistante ? Car si rupture il y a, c’est d’abord avec son prédécesseur : autre slogan, répété lors des nombreux voyages en Europe de l’Est de Nicolas Sarkozy : "Il n’y a pas et il n’y aura jamais pour la France des pays qui ont le droit à la parole et d’autres qui n’ont que le droit de ses taire". Un tropisme qui s’illustre aussi dans la promptitude affichée pour s’emparer du dossier des infirmières bulgares. La rupture s’incarne aussi dans son combat contre l’adhésion de la Turquie, "pays d’Asie Mineure". L’auteur y est lui aussi opposé, et reprend, après les avoir décryptés, l’argumentaire et les mots de Nicolas Sarkozy, ternissant l’objectivité de son ouvrage.

Éditions du Moment, 274 pages, 19,95 euros.

0 commentaire(s)  
0