
Jean-Pierre Raffarin, officiellement candidat à la présidence du Sénat
Pour en savoir plus :
Les personnalités élues ou battues
Lire aussi :
La démarche est désormais officielle. "J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai écrit ce matin à tous mes collègues sénatrices et sénateurs pour leur confirmer officiellement ma candidature" pour être "le candidat de l'UMP à la présidence du Sénat", a déclaré M. Raffarin sur France 2.
"Je pense que le Sénat a besoin d'un sursaut. Le Sénat est critiqué, la majorité a été fragilisée, le moment du sursaut est venu. Il faut un Sénat libre et loyal", a affirmé M. Raffarin.
"Je suis un sénateur enraciné", a-t-il dit faisant valoir qu'il avait déjà "quatre élections sénatoriales" à son actif. "Et puis, je suis quelqu'un qui a une expérience à proposer pour moderniser le Sénat, le féminiser, pour l'ouvrir sur l'international, sur la prospective et sur les questions de société", a ajouté l'élu de la Vienne.
M. Raffarin propose "un programme de modernisation d'un Sénat indépendant" qui, selon lui, "doit s'affirmer plus libre".
"On n'est pas là pour suivre le gouvernement, on est là pour améliorer les textes, on est là pour discuter avec le gouvernement, le soutenir quand il en a besoin" comme sur l'Afghanistan. "Mais il est clair que quand on n'est pas d'accord, par exemple sur les tests ADN, le Sénat le dit, le Sénat s'affirme comme le défenseur des libertés publiques", a-t-il dit.
Une candidature préparée de longue date
"Les laborieux vont dans chaque commune. C'est mon cas", assurait le sénateur de la Vienne dans les derniers kilomètres de sa campagne, qu'il prépare depuis son départ de Matignon.
Avec ses rondeurs qui cachent un fort tempérament, un cuir endurci et un humour assassin, cet ancien professeur de marketing politique veut définitivement imposer son image d'élu de la "France d'en bas", rassembleur, "attentif" aux évolutions du monde et de l'Europe qui lui est chère.
Ce pèlerin des chemins de Saint-Jacques de Compostelle qu'il parcourt chaque été en famille, a sillonné près de soixante-dix départements, dont bien sûr la Vienne, son fief électoral et sa terre natale.
Il a trinqué avec des centaines d'élus et fredonné entre deux discours les vieux succès de son idole de jeunesse, Johnny Hallyday, avec l'endurance qui fit sa longévité à Matignon (2002 à 2005), malgré la cinglante défaite des régionales de 2004, ou la canicule meurtrière qui lui valut des records d'impopularité un an plus tôt.
Fils de Jean Raffarin, ancien ministre de la République, ce notable local surnommé le "Pompidou poitevin", est aussi un fin stratège politique, prêt à encaisser les coups et prompt à les rendre.
Marginalisé au sein de la direction pléthorique de l'UMP mise en place dans la foulée de la présidentielle de 2007, ce proche de Jacques Chirac a tissé ses réseaux ailleurs. Et se fait fort aujourd'hui du soutien de "nombreux sénateurs de toutes origines".
Mais pour rester au plus près des "forces vives" de la Haute Assemblée, ce grand voyageur sinophile et "ami" du Québec ne s'éloigne jamais trop du Palais du Luxembourg, où il se fit élire pour la première fois en 1995.
Depuis son départ de Matignon, il n'a jamais failli au rituel du déjeuner hebdomadaire à la table du groupe UMP au restaurant du Sénat.
Tout au long de ce marathon sénatorial, il n'a négligé aucun appui, et a particulièrement choyé les nouveaux candidats, dont il a soutenu activement les investitures à Paris, et les campagnes sur le terrain.
Il se plait aussi à répéter sa "fidélité" à Jacques Chirac qui, en privé, rencontre tous les aspirants au "plateau", et officiellement n'en soutient aucun.
Avec Nicolas Sarkozy, JPR affirme être "libre et confiant". Et l'"un des rares" à pouvoir parler "droit dans les yeux" à son ancien ministre de l'Intérieur, qui lui fit souvent de l'ombre quand il était son patron.
Pour lui, "tout se jouera" à l'arraché, au grand oral de la primaire de l'UMP, mercredi 24 septembre, face à son rival des Yvelines, Gérard Larcher.
Un "mano a mano" qu'il a préparé avec un programme de 170 pages intitulé "Pour un Sénat libre et moderne".
Ses atouts? La "convivialité et l'écoute". Ses faiblesses? "Pas assez réformateur, pas assez courageux", confie un ténor UMP du Parlement.
S'il devait échouer, cet "ambitieux tranquille" qui ne se baigne "jamais deux fois dans le même fleuve", se reconstruira sur des sujets internationaux, selon son entourage.
Jean-Pierre Raffarin, lui, reste fidèle à l'idée que la force en politique, c'est de ne pas avoir "peur" que l'aventure "s'arrête".
Avec AFP
Pour en savoir plus :
Les personnalités élues ou battues
Lire aussi :
| 0 commentaire(s) | ||
|
||






