Défense : l'heure des marchandagesLoin des conséquences de la réforme de la carte judiciaire, les fermetures de casernes touchent directement ou indirectement des millions de Français... et d'électeurs.
Il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir que l’affaire du Livre blanc de la Défense n’allait pas passer comme une lettre à la poste. Et nous n’en sommes qu’au début des réactions comme des conséquences de ce qu’il ne faut pas considérer comme une réforme comme les autres. Au chapitre des réactions, il y a, bien entendu, celle des militaires eux-mêmes, mais la discipline aidant, les quelques voix dissonantes ne dépasseront pas le cercle des états-majors : nous resterons dans la discussion d’experts. Il y a aussi la réaction des souverainistes qui dans ce reformatage voient la conséquence directe du retour dans l’OTAN. La France, devenue un élément d’une défense américano-européenne, se coulera dans le moule du "camp occidental", sous-entendu confirmera ainsi son allégeance aux États-Unis. Même les militaires ont abandonné ces nostalgiques arguments, tant les contraintes budgétaires comme la réalité du terrain l’emportent sur ces considérations toutes gaulliennes mais terriblement datées. Il y a, enfin, la voix des Français, au premier chef celle des 54 000 futurs “licenciés” de l’armée prévus par le projet. Et avec eux, celles de leurs familles, amis, voisins, commerçants, tous électeurs, répartis sur les 350 actuels bassins d’activités des traditionnelles casernes dont seules 99 survivront à la restructuration ! Bien loin des conséquences de la réforme de la carte judiciaire, avec le redéploiement des forces armées sur le territoire national, on touche à l’emploi direct ou aux revenus indirects de millions de Français. À telle enseigne que l’affaire concerne dorénavant directement Hubert Falco, le secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire, et que les élus locaux de tous bords ont entrepris son siège. À quelques semaines du congrès de Versailles où aucune voix ne doit manquer, voici donc le grand guichet de tous les marchandages ouvert. Décidément une semaine très politique.
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