La double défaite du PSLe Parti socialiste n'a pas réussi à empêcher le vote de la réforme des institutions et affiche une nouvelle fois ses divisions.
Il aura donc fallu employer les grands moyens pour que, d’une voix, le projet de révision de la Constitution défendu, bon gré, mal gré, par la majorité soit adopté. Du comité de réflexion présidé par Édouard Balladur jusqu’aux pressions exercées jusqu’à la dernière minute sur chaque parlementaire indécis, tout a été entrepris pour arracher ce vote favorable. L’opposition n’ayant rien à envier à la majorité en matière de menaces de rétorsion à l’égard des tentatives de dissidences... À la lecture du résultat, non seulement Jack Lang mais aussi tous les opposants dont le bras a tremblé au dernier moment peuvent désormais se sentir les pères de cette nouvelle version de la Constitution. Aucune autre modification constitutionnelle n’avait donné lieu à un débat politique aussi âpre et clivé. Cela tient certes à la personnalité de celui qui l’a inspiré, mais c’est surtout le fait de l’opposition qui s’est enfermée dans une posture d’affrontement. Pour des raisons qui tiennent essentiellement aux luttes internes à la veille de leur congrès, les dirigeants du PS ont fait de cette cause – au détriment de beaucoup d’autres sur lesquelles les Français aimeraient sans doute les entendre plus souvent – un casus belli dont ils n’avaient visiblement pas les moyens. Résultat, la défaite encaissée est double : la réforme est passée et le parti sort terriblement déchiré de l’épreuve. Même si Jack Lang servira encore longtemps d’exutoire, le mal est plus profond qu’il n’y paraît. L’affaire pourrait ronger les derniers liens entre réformateurs et dogmatiques et devenir l’élément déclencheur du schisme qui couve au PS depuis la fin de l’ère Jospin. Alors que Nicolas Sarkozy sera déjà bien loin de ce sujet, l’affaire polluera le débat au PS, sans doute au-delà de son prochain congrès. Décidément une semaine très politique
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