Mon compte

L'édito de Pierre-Marie Vidal

La Cour corrige Bercy
Mercredi 28 mai 2008

Cette semaine je cède la parole à Bruno Botella, rédacteur en chef de Profession Politique. Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Critiques de la Cour des comptes, blâme de Bruxelles, les déficits français entament la crédibilité de la France à cinq semaines de la présidence de l'UE.

Régulièrement tancée pour ses déficits, son endettement et le poids de sa dépense publique, la France avait décidé de jouer profil bas avant de prendre les rênes de l’Union européenne. Plus question de cibler la BCE, coupable aux yeux de Nicolas Sarkozy d’avoir les yeux rivés sur l’inflation, ce qui est pourtant son rôle. Plus question non plus de vouloir faire avancer la gouvernance économique de la zone euro. La France n'est pas crédible… La Commission européenne comme nos partenaires sont las de l’attitude de Paris, spécialiste du double langage et expert en dissimulation des déficits, comme le déplore inlassablement notre Cour des comptes. Les cris de victoire de Christine Lagarde sur la croissance française ou l’inscription dans la Constitution du principe d’équilibre de comptes publics ne suffisent pas à amadouer Bruxelles… La Commission européenne considère qu’en dépit des efforts de maîtrise des déficits engagés ces dernières années, la France n’a pas fait les réformes structurelles qui lui permettraient de réduire vraiment ses dépenses d’au moins 10 milliards d’euros par an, condition du retour à l’équilibre en 2012. D’où le blâme adressé officiellement cette semaine. La floraison de crédits d’impôts dont l’impact sur le budget de l’État est difficile à prévoir, l’impuissance face à la flambée des dépenses des collectivités locales, le poids croissant des intérêts de la dette (plus de 40 milliards par an), tous ces éléments brouillent le message de fermeté de François Fillon adressé lors la Conférence nationale des finances publiques. Et la légèreté dont a fait preuve Nicolas Sarkozy à propos de la TVA sur les carburants conforte la Commission et nos partenaires dans leur opinion : présidente de l’UE ou pas, la France est incorrigible. Décidément une semaine très politique.

[<] Répondre à PMV   
0 commentaire(s)  
5.52
(2 votes)