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Sarkozy lance l’Union pour la Méditerranée

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Le 13 juillet se tiendra à Paris le premier sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM), qui ambitionne de lier l’Europe et les pays de la Méditerranée dans de nombreux domaines. Un projet, porté par le chef de l’État, qui, même avec ses ambitions revues à la baisse, se présente mieux que prévu.
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Nicolas Sarkozy - AFP

"Le président Bouteflika m’a demandé de rendre publique sa réponse. Il sera présent à Paris pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée." C’était lundi à Toyako, au Japon, Nicolas Sarkozy ne boudait pas son plaisir d’en finir avec un long suspense, à quelques jours de l’échéance…

Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement seront présents au sommet fondateur de ce projet, très cher au président de la République, censé lier l’Europe et les pays de la Méditerranée dans de nombreux domaines. Un moment qualifié d’"historique" par son conseiller spécial, Henri Guaino.

Née sur les tréteaux

Il est vrai que faire asseoir autour d’une même table le président syrien Bachar al-Assad, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre israélien Ehud Olmert constitue un succès, si l’on se rappelle le scepticisme qu’avait inspiré l’initiative de Nicolas Sarkozy à ses débuts. "Ce n’est pas facile pour une idée née sur des tréteaux d’atterrir sur du concret", note avec humour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman. L’idée, qui a fait son chemin, est, pour rappel, apparue lors de la campagne présidentielle, en février 2007. Le candidat Nicolas Sarkozy évoquait, lors d’un meeting à Toulon, l’idée d’une "Union Méditerranéenne", ne concernant que les pays riverains, quasi-concurrente de l’Union européenne. Ce qui avait braqué tous les pays européens, qui s’en étaient senti exclus, et au premier rang desquels l’Allemagne.

Compromis

La reprise en main par l’UE a revu à la baisse les objectifs et les moyens du projet, pour en faire une relance du processus – qui était très mal en point – dit de Barcelone, qui regroupe les pays de l’Union européenne et les dix états du sud et de l’est de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie) ayant pour objectifs un renforcement du dialogue politique et de sécurité, et l’établissement d’une zone de libre-échange.
Le compromis avec l’Allemagne a été trouvé grâce à l’activisme de l’Élysée, d’où a été piloté ce projet. À noter le rôle important joué par Alain Le Roy [1], surnommé "M. Méditerranée", diplomate de 55 ans, qui vient d’être nommé au poste stratégique de responsable du département de maintien de la paix de l’Onu, en remplacement de Jean-Marie Guéhenno. Cet ex-préfet, administrateur au Kosovo pour l’Onu, n’a pas ménagé sa peine pour aller convaincre les pays les plus méfiants, comme la Turquie.
Pas d’opposition
L’opposition n’a pas été virulente sur le sujet. "Le projet d’Union méditerranéenne fait partie de notre projet depuis longtemps, dit le secrétaire national aux questions européennes du PS, Benoît Hamon. Le PS avait tout de même critiqué l’idée initiale – notamment l’exclusion de l’Allemagne du projet. Pierre Moscovici s’était alarmé du danger de "recréer une frontière franco-allemande pour la première fois depuis 1957" et du fait que, derrière ce projet, ne se cache un "substitut" d’adhésion à l’Union européenne pour la Turquie. "Depuis, le projet de Nicolas Sarkozy a été vidé de son contenu. S’il se limite à redonner vie au processus de Barcelone, nous n’avons pas d’objection de principe", conclut Benoît Hamon.

 

Pour aller plus loin : l'interview d'Henri Guaino sur l'UPM [2]

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Source URL: http://www.professionpolitique.info/article/08-07-08/sarkozy-lance-l-union-pour-la-mediterranee

Links:
[1] http://www.professionpolitique.info/personne25511.html
[2] http://www.professionpolitique.info/article/08-07-08/henri-guaino-combien-d-observateurs-pensaient-que-l-upm-pourrait-voir-le-jour-si-ra