
Quelques jours après qu’Éric Woerth ait annoncé que le "bonus-malus" sur les voitures polluantes était une mauvaise affaire pour les finances publiques – un solde de 200 millions d’euros à restituer en 2008 –, Jean-Louis Borloo a confirmé qu’un malus complémentaire annuel s’appliquerait à partir du 1er janvier 2009 sur les véhicules neufs dont les émissions de CO2 sont supérieures à 250 grammes par kilomètre. Seul le très haut de gamme est visé, ce qui n’a pas empêché les opposants à une telle mesure de s’insurger contre le retour de la vignette… Même si, pour le gouvernement, le but de ce mécanisme est d’inciter à des comportements vertueux, la Fédération française des automobiles clubs soupçonne Bercy de vouloir gagner de l’argent.
Le son de cloche est différent chez les constructeurs d’automobiles français, même s’ils se méfient, par principe, de ce genre taxe. PSA et Renault redoutaient surtout la fin du bonus-malus qui a "boosté" leurs ventes. On trouve en effet peu de voitures françaises sur le créneau du très haut gamme ou des 4 x 4 polluants. Du coup, le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), reconnaît que le malus annuel ne va pas "gêner beaucoup" les constructeurs français. Ces derniers vont quand même se montrer vigilants, au cas où le gouvernement ou les parlementaires seraient tentés, lors du débat budgétaire, de rabaisser le seuil des 250 grammes de CO2…