
Réforme des institutions, loi de modernisation de l'économie (LME), gouvernance de l'UMP, les deux hommes, qui n'ont pas officialisé leur candidature, se marquent à la culotte, multipliant initiatives ou déclarations dans une campagne qui se joue avant tout dans les salons feutrés du Palais du Luxembourg.
Le prochain président sera élu après le renouvellement du 21 septembre du tiers des sénateurs. Le vote, à bulletin secret, aura lieu le 1er octobre, premier jour de la session parlementaire. Le groupe UMP se réunira auparavant pour désigner son candidat.
L'actuel président Christian Poncelet (80 ans) ne devrait pas briguer un nouveau mandat, même s'il laisse planer le doute.
Outre MM. Raffarin et Larcher, le nom du sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a été évoqué. Mais il est handicapé par une majorité municipale très étroite. "Il n'est plus là qu'un jour par semaine, trop pris par sa ville" explique-t-on à l'UMP. L'ancien ministre Alain Lambert, dont le nom était aussi avancé, "a brûlé ses cartouches en votant contre la réforme des institutions en première lecture", ajoute-t-on de même source.
Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher, l'un sénateur de la Vienne, l'autre des Yvelines se connaissent bien, M. Larcher ayant été ministre du Travail du gouvernement Raffarin III (mars 2004-mai 2005).
Pressenti par François Fillon pour le ministère de l'Agriculture, le sénateur-maire de Rambouillet a refusé, préférant se consacrer à l'élection à la présidence du Sénat.
Depuis qu'il a retrouvé son fauteuil, en octobre 2007, Gérard Larcher, 59 ans en septembre, est sur tous les fronts. Il a présidé la commission spéciale chargée de la LME, copréside une mission sur la flexi-sécurité pour le conseil des ministres du travail européens, présidé une mission sur l'avenir de l'hôpital, participé au groupe de travail UMP sur les institutions. Fin connaisseur du Sénat et populaire, il en fut le plus jeune élu à 37 ans en 1986.
Jean-Pierre Raffarin, 60 ans en août, est aussi un enfant du sérail même s'il n'a occupé que par intermittence son siège de sénateur où il a été élu pour la première fois en 1995, en raison de ses fonctions gouvernementales.
Fort de son expérience de Premier ministre, il a plaidé fin juin lors de la réorganisation des instances de l'UMP pour la "diversité" au sein du parti, mettant en avant le risque d'un monopole des anciens RPR, aux principaux postes de la République, visant sans le nommer son adversaire. M. Raffarin est issu du courant giscardien (Parti républicain) tandis que M. Larcher vient du RPR.
"Je me sens d'abord membre de l'UMP et pas d'un sous-groupe, c'est une approche qui n'est pas la mienne", a rétorqué Gérard Larcher, interrogé par l'AFP. Pour lui, l'essentiel sera "de régler la querelle de légitimité du Sénat et assumer sa visibilité".
L'opposition présentera sans illusion un candidat. "C'est un débat qui ne nous concerne pas", a expliqué à l'AFP le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel. "La course à la présidence entre Larcher et Raffarin, c'est parti", ajoute-t-il.
Selon M. Bel, "c'est un problème interne à la majorité, mais celui qui gagnera sera plutôt celui qui parviendra à convaincre les sénateurs de l'UMP. La position du président de la République n'est pas forcément déterminante".