
Le texte a été voté au scrutin public par 162 voix pour et 125 voix contre. L'UMP a voté pour, les centristes se sont abstenus et l'opposition de gauche PS, PCF et Verts contre.
L'opposition a tenu à défendre en vain, mais pied à pied, ses quelques 120 amendements réclamant le droit de vote pour les étrangers, la proportionnelle ou une réforme du scrutin sénatorial. Quelques rares amendements de la droite défendus notamment par le sénateur UMP Alain Lambert ont été également repoussés.
Patrice Gélard (UMP) s'est félicité "d'une révision pleine de potentialité" qui "assure la modernisation de nos institutions". Pour les radicaux, Pierre Laffitte (RDSE) a salué les "avancées considérables", soulignant "qu'une majorité de son groupe" votait pour. Le chef de file des centristes Michel Mercier (UC-UDF) s'est dit satisfait "s'agissant des droits du parlement, des citoyens et du pluralisme".
Bernard Frimat (PS) a fustigé une "démarche clanique" avec "un refus de tout dialogue" pour une "révision qui n'aggrandit pas les droits du parlement mais conforte le conservatisme du Sénat".
Nicole Borvo Cohen-Seat (PCF) a dénoncé la mise en place d'"un régime présidentiel à l'américaine avec des pouvoirs considérables pour le président de la République".
Le chemin est maintenant ouvert pour la réunion, le 21 juillet, du Congrès de Versailles, que le président de la République devrait convoquer officiellement par décret dans les prochaines heures.
Le projet de loi de réforme des institutions, pour être ratifié par le Congrès, devra réunir une majorité des 3/5e des suffrages exprimés, mais le suspens demeure car cette majorité n'est pas acquise.
Le gouvernement n'aura pas réussi à obtenir le compromis qu'il souhaitait sur ce texte. Toute la gauche - PS, PCF, Verts - a en effet annoncé qu'elle votera en bloc contre et des réticences sont toujours présentes notamment parmi les députés UMP.
Cette révision institutionnelle préparée par la commission Balladur depuis l'automne dernier a été l'objet d'un véritable marathon parlementaire tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat durant deux lectures.
Elle prévoit notamment que le chef de l'Etat pourra s'exprimer devant le Congrès et renforce en contrepartie certains droits du parlement. Elle permettra aussi à tout citoyen de saisir le Conseil constitutionnel à travers le filtre du Conseil d'Etat et de la Cour de Cassation, et réformera le Conseil supérieur de la magistrature.