
Sourires en coin, Bruno Le Roux, secrétaire national "élections", avec André Vallini, secrétaire national "institutions et justice", regarde Jean-Michel Baylet se faire applaudir à la tribune du Congrès de Versailles par de nombreux parlementaires de droite. Les sept sénateurs et onze députés du PRG, dont le soutien a été décisif, ont fait l’objet d’une attention particulière de l’exécutif, qui n’a pas ménagé ses efforts pour les faire basculer. Anecdote savoureuse : la députée socialiste de l’Aveyron, Marie-Lou Marcel, a reçu ce week-end un étonnant coup de fil de la part d’Alain Marleix, secrétaire national aux élections de l’UMP, qui a tout bonnement cru... qu’elle était membre du PRG. Élue sur une terre anciennement radicale – d’où la méprise d’Alain Marleix –, Marie-Lou Marcel s’est notamment vue assurée que sa circonscription ne serait pas retouchée, et demandé, au terme d’un argumentaire en faveur de la réforme des institutions, quelles étaient ses relations avec Jean-Michel Baylet. "Je le connais, c’est tout", a-t-elle répondu. Et c’est seulement là qu’Alain Marleix s’est rendu compte de son erreur...
Balivernes
Dix-huit parlementaires radicaux ont suivi la consigne de Jean-Michel Baylet. C’est du Sénat qu’est venu la fronde, puisque seulement 11 sur 17 sénateurs radicaux de droite et de gauche (RDSE) ont voté pour. Les accusations répétées des socialistes sur les marchandages ont beaucoup visé leurs alliés radicaux. "Je crois qu’ils ont été très sensibles à l’abaissement du seuil de constitution des groupes", glisse André Vallini, évoquant la promesse de Nicolas Sarkozy d’un abaissement à 15 du seuil de constitution d’un groupe politique à l’Assemblée. "Il faudra qu’ils clarifient leurs positions", fulminait le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, à la sortie de l’hémicycle, à l’issue du vote. Sinon ? Bruno Le Roux menace : "Il y a bientôt les sénatoriales… Partout où les radicaux peuvent gagner seuls, ils n’auront rien à craindre, mais ailleurs…" Jean-Michel Baylet, à la tribune, défend "un choix libre, opéré en conscience" et "à mille lieux des spéculations que certains ont cru pouvoir nous prêter". Après son intervention, il sourit : "Peu m’importe de savoir qui m’applaudit ou qui ne m’applaudit pas, dit-il. L’important ce sont mes convictions. Le PS ne peut pas passer sous les fourches caudines tous ceux de ses alliés qui ne sont pas d’accord avec lui." Le président du PRG qualifie d’éventuelles représailles du PS de "balivernes".