Une majorité relative des Français satisfaits de la politique économique du gouvernement
La première mesure de la perception de la politique économique du gouvernement Raffarin intervient quelques mois après son arrivée au pouvoir, alors que la croissance économique est modérée, que les perspectives de guerre en Irak troublent les échanges boursiers et que le délicat dossier des retraites est abordé. Avec une majorité relative d'opinions positives (49 % de bonnes opinions contre 42 % de mauvaises opinions), la nouvelle équipe gouvernementale enregistre un score plutôt satisfaisant au regard de ceux obtenus par le gouvernement Jospin. Ce score avait en effet été dépassé moins d'une dizaine de fois par le gouvernement précédent (et pour la dernière fois en mars 2001 au moment où était annoncé le millionième chômeur en moins depuis son arrivée à Matignon).
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La politique économique du gouvernement est notamment soutenue par les hommes (52 % contre 45 % des femmes), les personnes en âge de travailler - à l'exception de la génération des 35-49 ans que l'on peut penser inquiète à l'idée d'une remise en cause du régime des retraites - (51 % des 25-34 ans et 53 % des 50-64 ans, contre 46 % des 35-49 ans), les artisans-commerçants-cadres-professions libérales (65 %), les personnes à leur compte (56 %) et les inactifs (51 %). Les salariés du privé (49 %) se montrent davantage favorables à la politique économique gouvernementale que les salariés du public (44 %). On observe par ailleurs un net clivage en fonction des trois variables, d'ailleurs liées entre elles : le diplôme (56 % d'opinions positives chez ceux qui ont au moins le Bac, contre 43 % chez ceux qui n'ont pas le Bac), les revenus (53 % chez les foyers les plus aisés, contre 45 % chez les foyers les moins aisés), et le lieu de résidence (soutien majoritaire en agglomération parisienne avec 54 % de jugements positifs, minoritaire ailleurs). Pour ce qui est de la proximité partisane, les sympathisants de la droite parlementaire soutiennent unanimement le gouvernement (66 % des sympathisants UDF et 87 % des sympathisants UMP) alors que les sympathisants des partis de gauche et des partis d'extrême droite s'y opposent nettement (respectivement 57 % et 54 % d'opinions négatives).
Jugements majoritairement négatifs à l'égard de la politique sociale du gouvernement
Alors que la politique économique du gouvernement constitue un enjeu consensuel (l'immense majorité des répondants souhaite une croissance soutenue), la politique sociale du gouvernement représente un enjeu conflictuel (certains peuvent vouloir plus de mesures sociales alors que d'autres souhaitent qu'il y en ait moins). Dès lors, il est plus difficile pour un gouvernement d'obtenir un haut niveau de satisfaction sur sa politique sociale que sur sa politique économique. C'est ainsi que la majorité des Français jugent "plutôt" ou "très" mauvaise la politique sociale du gouvernement Raffarin (50 %, contre 42 % "bonne"). Le climat social n'est en effet pas au beau fixe avec l'annonce de plusieurs plans sociaux (Metaleurop Nord par exemple). Mais ces résultats sont à mettre en perspective : les opinions positives sur la politique sociale du gouvernement Jospin n'avaient été supérieures aux opinions négatives que trois fois entre novembre 1998 et avril 2002, et pour la dernière fois en mars 2001.
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Hormis le clivage lié à la proximité partisane (69 % des sympathisants UDF et 79 % des sympathisants UMP soutiennent le gouvernement contre 30 % des sympathisants de gauche et 25 % des sympathisants des partis d'extrême droite), la structure de soutien à la politique sociale diffère de celle de soutien à la politique économique. On n'observe, en effet, pas de discrimination particulière en fonction du sexe ou du diplôme. L'effet d'âge varie également : si une majorité relative des personnes âgées soutiennent le gouvernement en matière sociale (48 %), la majorité des moins de 50 ans s'y opposent en revanche nettement (56 % des moins de 25 ans, 55 % des 25-34 ans, 56 % des 35-49 ans). Les scores apparemment similaires enregistrés chez les salariés du public et du privé (respectivement 39 % et 45 % d'opinions positives, 56 % et 54 % d'opinions négatives) masquent des clivages importants parmi les catégories socioprofessionnelles. Si les opinions positives sont majoritaires chez les cadres du privé (59 %) et les retraités (46 %), on observe toutefois en matière sociale une insatisfaction cumulée de la part de ceux qui ne souhaitent pas que le gouvernement "en fasse trop" (55 % des personnes à leur compte expriment des opinions négatives) et de la part de ceux qui estiment que le gouvernement "n'en fait pas assez" (opinions négatives à hauteur de 56 % chez les professeurs et cadres du public, 65 % chez les professions intermédiaires du public, 55 % chez les employés et 61 % chez les ouvriers).
Jérôme Sainte-Marie
Directeur du département
BVA Opinion